L’avocat messin Arnaud Zuck se fait écrivain

Avocat au barreau de Metz, Arnaud Zuck, 49 ans, succombe à son désir d’écriture. Son premier roman, « L’Aube du diable », s’inspire d’un fait divers criminel survenu dans les années 50 en pleine campagne lorraine. Au cœur de l’intrigue, un abbé « beau comme un dieu » et des paroissiennes sous sa dangereuse influence.

« Je ne suis pas un auteur du confinement. » C’est après, à l’espoir revenu, qu’Arnaud Zuck a « pris la plume ». Là-bas, tout près d’ici, à la lisière d’une forêt qui bruisse. Dans le calme de son jardin, veillé par des oiseaux siffloteurs. À Châtel-Saint-Germain, petit village de la périphérie messine, où jours et nuits se sont confondus le temps d’un été « extraordinaire ». « Je ne levais pas le nez de l’ordi, rembobine l’apprenti écrivain d’alors. J’étais pris dans mon histoire, j’enchaînais les lignes, les chapitres parfois jusqu’à 4 ou 5 h du matin. Je n’arrivais pas à m’en sortir, moi qui suis pourtant un gros dormeur. »

Les mots sont les compagnons d’Arnaud Zuck depuis ses plus tendres années. Ceux des autres, d’Alexandre Dumas, sa « référence », qui le fascinent, lui le lecteur vorace. Les siens, couchés sur le papier à l’adolescence pour son « plaisir personnel », traduit en nouvelles gardées au secret de son intimité. Les siens, encore, manipulés à l’âge adulte pour rédiger assignations et conclusions puisque son « vrai » métier, c’est avocat. Un temps, il s’est essayé au pénal, aimait « beaucoup l’exercice des Assises », moins l’idée de lier son destin à celui d’une clientèle qui réclame « l’exclusivité ». Il se sent plus épanoui à parcourir le droit des affaires et médical dans un cabinet, CZ Avocats, « à taille humaine », installé Rempart Saint-Thiébault à Metz.

L’édition, « un monde fermé »

Arnaud Zuck écrit donc, a toujours écrit. Et aujourd’hui, sa passion prend la forme d’un premier roman au titre noir, L’Aube du diable. Pourquoi oser cette mise à nu, là, maintenant ? Pourquoi partir à la rencontre, à la conquête d’un public à 49 ans ? « Je me suis posé la question, sourit-il. J’imagine que j’ai à présent la maturité et le recul sur la vie nécessaires. Mais la vérité, c’est que je me suis plongé dans cette histoire qui m’avait heurté dans ma jeunesse sans jamais songer à être publié. » Il l’est, pourtant. Grâce aux « retours enthousiastes » de son entourage proche, de ses amis, à mesure que les pages de son manuscrit se noircissaient. « Ils me disaient que mon style coulait, que les personnages étaient bien campés, que ce n’était pas de la philo et que ça se lisait bien. Je me suis demandé pourquoi je ne pourrais pas atteindre un champ de lecteurs plus vaste. » Il a dès lors cacheté quelques enveloppes, encouragé par sa douce Virginie, auprès de laquelle il veille sur une famille recomposée de… six enfants, « un puzzle à huit morceaux », se marre-t-il. Il a sollicité « un monde fermé » dont il ignorait tout avant de fondre de bonheur. Pour Arnaud Zuck, la providence s’appelle « Éditions Ex Æquo ».

« Il ne faut pas trop en dire »

Revenons à « cette histoire qui [l’avait] heurté dans [sa] jeunesse ». Terrifiante. « Bouleversante. » Un fait divers criminel au retentissement monstre dans les années 50 en Lorraine. Gamin de Nancy, Arnaud Zuck était parcouru de frissons – il l’est encore, jure-t-il – quand sa mère lui parlait du traumatisme qu’elle avait vécu elle, à 10 ans, à la découverte de cette tragédie jouée au cœur de la campagne touloise. « Il ne faut pas trop en dire », suggère l’auteur de L’Aube du diable. Entretenons le mystère et le goût de la lecture. Le roman historique-polar-thriller d’Arnaud Zuck met en scène un abbé catholique « beau comme un dieu » dans la fiction, « cavaleur de jupons et très charismatique » dans la vraie vie, des paroissiennes envoûtées, des « amours consenties ». La mort aussi, inévitablement, avant l’effroi. « Moi, reprend l’avocat-écrivain, j’ai cherché à aller au-delà de la réalité en entrant dans la tête des personnages, en leur inventant une psychologie, en mettant des mots dans leur bouche. Car l’histoire n’est que prétexte et mon livre est moins celui d’une affaire pénale que d’un drame sociétal. » Le sien, de « drame », roupille dans une chambre à Châtel-Saint-Germain : « Je ne sais même pas si mes ados ont déjà ouvert un bouquin de leur vie », feint de s’offusquer Arnaud Zuck. Avant de se raviser : « Ah si, l’un d’eux a commencé “L’Aube du diable” cette semaine ». Bingo !

Thomas Vuagnoux

Arnaud Zuck dédicacera « L’Aube du diable » le dimanche 11 avril (de 10h à 12h30) à la librairie La Pensée sauvage, 23 avenue de Nancy à Metz.

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